11.09.2017, 00:01  

Un voyage avec soi-même

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Joachim Pellissier, entre euphorie et coups de mou, a vaincu les 170 kilomètres entre Hérémence  et LeBouveret.

 11.09.2017, 00:01   Un voyage avec soi-même

ULTRA-TRAIL - Plongée au cœur de la semi-traversée du Valais avec Joachim Pellissier, dossard numéro 14, qui a terminé son aventure de 170 km après 35 heures, 2 minutes et 16 secondes d’efforts physiques et mentaux.

Près de 200 ultra-trailers patientent sur la voûte du barrage de la Grande Dixence, cette arène de départ aussi grandiose que l’aventure qui les attend ces prochaines heures. Parmi eux, Joachim Pellissier, dossard 14. Récit d’une aventure qui a débuté à 13 h ...

Près de 200 ultra-trailers patientent sur la voûte du barrage de la Grande Dixence, cette arène de départ aussi grandiose que l’aventure qui les attend ces prochaines heures. Parmi eux, Joachim Pellissier, dossard 14. Récit d’une aventure qui a débuté à 13 h 20.

Caroline Pellissier, épouse de Joachim, patiente près du camping du Grand Paradis à Champéry. Les parents et le beau-papa de l’ultra-trailer sont également présents. Tout est prêt pour accueillir celui qui a déjà 100 kilomètres et une nuit sans sommeil dans les jambes après avoir franchi les cols de Pra fleuri, de Louvie, de Barberine, d’Emaney et de Susanfe. «Il a eu très mal à l’estomac cette nuit», annonce Caroline. Une heure plus tard, Joachim Pellissier fait son apparition. «J’en ai bavé», lâche-t-il, en s’asseyant. Il restera dix minutes auprès de ses proches. Le temps de s’alimenter, de s’hydrater, mais aussi de changer de vêtements et de baskets. «J’ai prévu trois paires», reprend-il entre deux gorgées d’eau.

Même s’il dit avoir déjà passablement souffert, le moral de Joachim Pellissier semble être au zénith. Au contraire du soleil qui a décidé de bouder cette deuxième journée de la première édition du SwissPeaks. La pluie insiste même de plus en plus. Une difficulté supplémentaire dans cette chevauchée solitaire commencée 21 heures auparavant. «Mais c’est un travail d’équipe. Je ne remercierai d’ailleurs jamais assez mes proches de me suivre, mon épouse notamment.» Au total, la «responsable logistique» aura parcouru 400 kilomètres en voiture. Pour deux petites heures de sommeil. «C’est ma façon à moi de dépasser mes limites. Cela me permet de partager et de vivre avec lui ce jeu de piste géant, de faire partie de l’aventure», confie Caroline. La nuit, parlons-en. «J’en ai vraiment bavé…» avoue Joachim, faisant référence aux nausées ressenties. «Le vent soufflait fort sur les crêtes. En plus, j’ai remarqué bien trop tard que la lumière de ma lampe frontale était au maximum. Elle s’est donc rapidement éteinte et j’ai dû sortir ma petite frontale de poche. C’était la galère…» Une galère qui n’a pas encore connu son apogée…

Joachim Pellissier a avalé 130 kilomètres en 25 heures lorsqu’il se présente dans la halle polyvalente, totalement détrempé, tremblant et congelé. Ici, on assiste à quelques scènes qui démontrent que les athlètes, comme dans un état second à ce moment-là, sont presque seuls dans leur monde. L’un se change intégralement sur sa chaise, comme si de rien n’était. Un autre, debout, avale son plat de pâtes à la vitesse grand V, à tel point que l’on craint l’étouffement… Les premiers ont déjà poursuivi leur périple. Joachim Pellissier pointe au sixième rang quand il quitte à son tour Morgins, emmitouflé tel un esquimau et après une turbo sieste de huit minutes. Sa seizième minute de sommeil depuis son départ.

Son aventure physique et psychologique prend fin. Sans un mental d’acier, Joachim Pellissier ni aucun des autres ultra-trailers n’auraient pu traverser 19 communes valaisannes de cette semi-traversée du canton. Son temps? 35 heures, 2 minutes et 16 secondes. Une marque qui lui permet au «finisher» de terminer 4e. «Ça vaut l’UTMB. Là-bas, c’est même bien plus roulant», lâche le Fulliérain qui vient d’enchaîner l’équivalent d’un peu plus de quatre marathons. A la différence que le tracé présentait 11 300 mètres de dénivelé positif. Il lui faudra un gros mois, en tout cas, de repos à présent. L’ultra, une discipline qui sort définitivement des sentiers battus.


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