Propriétaires de leurs terres, les éleveurs menacent de bloquer les touristes pour ne pas risquer des attaques de chiens de protection de troupeaux
Je répercute ici un message reçu ce matin.
Bonjour Monsieur Bonnard Eleveur de chèvres à Vesc dans la Drôme je m’intéresse depuis le mois de novembre très fortement au loup et aux problèmes qu’il pose. J’ai lu avec beaucoup d’attention les articles sur votre site et les trouve pertinent set intéressants. Je me permets de vous faire part et confirmer que le loup est très mal venu pour la population bergère de France et que nous sommes comme vous bien désarmé face à un lobby puissant et qui de plus a le temps de s’en occuper tandis que nous passons tout le notre à tenter de protéger nos troupeaux. Depuis le mois de novembre de nombreux collègues ont subi des attaques de loup sur leurs troupeaux et nous avons cherché comment réagir, de façon légale, à ce nouveau problème.
Malgré son apparence, il présente un danger pour le promeneur
Nous en somme arrivés à la solution suivante qui peut sans doute être reprise un peu partout; nous sommes propriétaire de nos terres et à ce titre nous sommes responsable des atteintes que pourraient causer nos chiens de protection aux personnes traversant nos propriétés donc si les pouvoirs publics refusent de prendre leurs responsabilités nous prendrons les notres et fermeront les chemins et sentiers au tourisme. Je me permet d vous transmettre la lettre pétition que nous remettrons à notre préfet ce lundi 1 février 2010 à Vesc. Merci pour vos articles et ainsi votre soutien moral. Recevez mes meilleures salutations Florent Simond
Le premier commentaire de ce billet reprend la lettre au Préfet
Pour comprendre l’exaspération des éleveurs de la Drôme, voir ici
Commentaire par Jean Bonnard — 29 janvier 2010 @ 8:50
Les éleveurs et propriétaires Des pays de Dieulefit et Bourdeaux De tous bords politiques et syndicaux
Monsieur le Préfet Préfecture de la Drôme
L’arrivée du loup sur notre territoire amène, avec lui, de nombreuses interrogations. Dans notre secteur, l’élevage est constitué de troupeaux de petites tailles souvent multi espèces, complémentaires les uns des autres. Cette complémentarité est nécessaire à l’équilibre économique des exploitations autant qu’à l’entretien du territoire. Le pâturage y est pratiqué de manière extensive d’autant plus que de nombreux éleveurs suivent des cahiers des charges qui imposent des périodes de pâturages longues (label, AOC, bio). La plupart pratique le sylvopastoralisme qui a bénéficié de financements publics depuis une vingtaine d’années. De cette situation résulte un mode de pâturage en parc de plus ou moins grande surface, sans présence permanente de l’homme.
Nous sommes dans une zone où nous n’avons pas ou peu d’activités industrielles mais essentiellement deux activités économiques qui, au fil du temps, se sont liées entre elles : il s’agit de l’agriculture et du tourisme. L’élevage et plus largement l’agriculture sont les premiers partenaires du tourisme et du développement local de nos petites communes. En effet, outre l’entretien d’un paysage accueillant, nous avons ouvert l’accès des propriétés à ceux que l’on nomme les autres utilisateurs de l’espace (randonneurs, cavaliers, VTTiste, chasseurs). De nombreux sentiers balisés, largement fréquentés, traversent des parcs où pâturent des animaux.
La présence nouvelle du loup impose la mise en place de moyens de protection. Mais, nos pâturages sous forêt, les autres activités des exploitations, la taille modeste des effectifs, et le coût de la main d’œuvre rendent la garde impossible ; reste donc la mise en place des chiens de protection. Il peut sembler au premier abord que cette technique soit la solution à retenir, mais qu’en est il réellement ? Confier à un chien la responsabilité de juger de ce qui est dangereux pour les troupeaux et de ce qui ne l’est pas, n’est-ce pas aléatoire ? Les informations qui nous sont données par ceux qui, avant nous, ont vécu le retour du loup, montrent que les morsures de chiens de protection sont nombreuses et parfois graves. En autorisant les randonneurs à traverser nos propriétés, nous nous rendons responsables de leur sécurité.
Que ferons nos chiens de protection seuls face aux randonneurs ? Devrons-nous en assumer seul la responsabilité ?
Dans notre département plusieurs éleveurs ont déjà été poursuivis et condamnés parce que leurs chiens, estimant que le troupeau était en danger, ont mordu des promeneurs. Nos exploitations ne peuvent pas supporter cette éventualité aussi bien pénalement que moralement. Alors quel sera notre choix pour que chacun puisse rester en sécurité ?
A l’heure où l’on trace le sentier des Huguenots, il serait regrettable de devoir interdire le passage de ces sentiers dans les zones de pâturages. Pourtant, si la présence du loup dans notre région perdure, il faudra bien en venir à cette solution afin que nos élevages puissent continuer à vivre et à entretenir nos espaces. C’est pourquoi il nous semble que l’état doit prendre d’urgence ses responsabilités.
Le retrait du loup est indispensable pour que puisse perdurer la relation qui existe aujourd’hui entre agriculture, loisirs et tourisme. Dans le cas contraire, il y a fort à parier que le choix s’établira entre l’élevage et les autres utilisateurs de l’espace.
Aujourd’hui, nous vous demandons de prendre une décision forte et de mettre en place un protocole de retrait.
Si au contraire, les services de l’Etat refusent de supprimer le loup de nos campagnes, nous fermerons tous les chemins et sentiers de randonnées passant sur nos propriétés.
Comptant sur votre compréhension, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de notre haute considération.
Commentaire par PierreB — 29 janvier 2010 @ 22:18
Je ne suis absolument pas d’accord… en 2 mots:
Si un promeneur passe et ne tient pas compte du fait que les chiens de protections peuvent mordre (ce qui est tout de même d’une logique implacable), est bien temps-pis… Pourquoi l’homme pourrait dominer (et le mot est faible!) absolument tout ce qui est de la nature.. Je me suis déjà baladé ou il y avait justement des chiens de protections, mais je n’ai jamais eu la bêtise de poursuivre…j’ai simplement fait un détours!
ABE
Commentaire par Cuisinière — 30 janvier 2010 @ 7:24
C’est une bonne idée de fermer chemins et sentiers. Nous irons en vacances en Ardèche, c’est bien aussi l’Ardèche.
Commentaire par séraphin — 30 janvier 2010 @ 11:58
Chère Cuisinière,
L’Ardèche, c’est bien, c’est vrai. Mais l’Ardèche ET LA DROME, c’est mieux… Belles balades
Commentaire par alain de l'Hallali — 1 février 2010 @ 18:34
Pour ne pas en arriver à fermer les chemins à cause de la dangerosité des chiens. Une seule solution: pas ou plus de grand prédateurs. CQFD
Commentaire par séraphin — 1 février 2010 @ 18:44
Cher Alain,
T’as tout compris. Mais chuuuut!
Comme disent les Hauts-Valaisans : PIF – PAF !
Commentaire par France Loups — 3 février 2010 @ 11:51
Hallali Comme le plus grand des prédateurs est l’homme j’espère que vous n’iriez pas jusqu’à les exterminer, surtout que certain sont assez bêtes pour le faire sans qu’on leur demandent. Pourquoi ne pas carrément boycotter la viande ovine ? Les éleveurs se recycleront, surtout que face à l’importation de viande ovine ils ne réagissent absolument pas, de vrais moutons. Pognon quand tu nous tiens.
Commentaire par alain de l'hallali — 3 février 2010 @ 14:00
France Loups: si c’était possible de ne pas mélanger règne animal et règne humain…?
Commentaire par Cuisinière — 6 février 2010 @ 12:01
Il n’y a pas besoin de boycotter la viande ovine, la vente est en chute libre. Les éleveurs ne vivent pas de leur travail ou de l’abandon des troupeaux plutôt, mais des primes. Un renversement de politique de la PAC et le château de carte s’écroule. La question, c’est quand?
Commentaire par seraphin — 6 février 2010 @ 13:24
J’aime les agneaux, avec… des haricots pas question de boycotter Sans compter qu’il faudra songer à travailler les zones aujourd’hui pâturées par les ovins et les caprins. Histoire de ne pas risquer des incendies en été et des avalanches en hiver. Non, réflexion faite, les ovins et les caprins jouent un rôle trop utile pour être sacrifiés sur l’autel du loup. Et enfin, étrange que ce soit la cuisinière qui propose de se passer des gigots et autres quasis…
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