Les premiers résultats de la chasse 2009 ont été adressés aux Présidents des Diana qui se réuniront le 22 mars pour en parler avec le Service cantonal de la Chasse.
Premier constat, on enregistre une baisse générale des animaux tirés en 2009:
-333 cerfs, – 405 chevreuils et – 342 chamois
Le Cerf:
Le légendaire cerf Harry
L’effectif estimé est de 5086 unités.
1140 cerfs ont été abattus en 2009 (584 mâles et 556 femelles)
1473 cerfs avaient été tirés en 2008 (745 mâles et 728 femelles)
Soit -333 unités
Le Chevreuil:
L’effectif estimé est de 5500 untiés
1139 chevreuils ont été tirés en 2009 (785 mâles et 352 femelles)
1544 chevreuils avaient été tirés en 2008 (947 mâles et 594 femelles)
soit – 405 unités
Le Chamois:
L’effectif estimé est de 22000 unités
2595 chamois ont été tirés en 2009 (1610 boucs et 986 chèvres)
2938 chamois avaient été tirés en 2008 (1864 boucs et 1072 chèvres)
soit – 342 unités
Souvent, les défenseurs du loup s’étonnent qu’une partie de la population doute du retour naturel du grand prédateur. Ils ignorent simplement que la population suisse a attendu des années quelques bribes de vérité sur “l’arrivée naturelle du lynx”.
Petit retour édifiant sur ce retour naturel… à bord d’un avion venu des Carpattes!
Le grand chat est revenu en 1971, à pas feutrés disait-on à l’époque. En fait, un avion a livré à Bâle deux lynx capturés dans les Carpates. Leo Lienert et ses compagnons ont pris livraison du couple un matin à cinq heures pour l’amener dans la réserve du Melchtal. C’est là qu’a eu lieu le premier lâcher, à six heures du matin. Non, il n’y a pas de photos. 100 mètres plus haut, on avait placé un lièvre mort par terre. Les nouveaux arrivants passèrent tranquillement à côté et disparurent dans la forêt.
Qui était Léo Lienert?
Chef du service forestier cantonal d’Obwald, il fut à l’époque un des moteurs de la réintroduction – âprement contestée – du carnassier éteint: le dernier lynx de notre pays avait été abattu en 1894 au col du Weisshorn.
Lorsque Leo Lienert a vu l’agile prédateur pour la première fois – c’était au Canada, il y a bien longtemps -, ça a été le coup de foudre. Et des années plus tard, quand il a lâché deux lynx dans le Melchtal, il leur a souhaité bonheur et prospérité. Un tel activisme lui amena des ennemis, mais il était heureux. Ce 23 avril 1971 valu à M. Lienert son surnom de père des lynx d’Obwald.
(tiré de Léo Lienert, le père des lynx d’Obwald publié par l’Office fédéral de l’environnement sur le site officiel de la Confédération)
Les lâchers sauvages se sont poursuivis, certains écolos se cotisant pour acheter des lynx à l’étranger. Mais le lynx reste l’enemi de certains chasseurs et éleveurs…
Je mets en ligne l’avis personnel d’un collègue, président de la société des chasseurs de Moutier.
Chères amies, cher amis chasseurs, Bien que notre société ne fasse pas encore partie de la Diana, je me permets d’émettre un avis divergent et personnel concernant la gestion du problème du loup. Les grands carnivores et le loups en particuliers sont un magnifique thèmes pour déchainer les passions et garantit à coup sûr, que l’on soit défenseur ou détracteur, le soutien de nombreux adhérents prêt à en découdre. Je doute malheureusement que les chasseurs aient à gagner dans la violence de ce débat. Surtout que le loup n’est pas un problème pour la chasse, mais pour les moutons et donc pour les agriculteurs que nous devons comprendre et soutenir. Le loup ne se développe pas en Suisse. Il n’y en a qu’une douzaine (génétiquement des piémontais, je crois). Une bonne partie d’entre eux, ayant tué leur quota de moutons, ont déjà leur tête mise à prix.
La solution Casal ...
· La chasse a par contre des intérêts à l’apparition du loup. Si certains milieux prônent la recolonisation de nos contrés par le loup, il faut qu’ils fassent comprendre aux forestiers que le loup se nourrit avant tout de cerfs et qu’ils doivent avoir un peu de tolérance envers le roi des forêts, surtout qu’il n’exploitent que la moitié du bois produit dans nos forêts. · La forte emprise des troupeaux de moutons dans les Alpes est néfaste pour les chamois (yeux, pieds, parasites, nourriture). Le loup ne permet plus l’abandon pur et simple de troupeaux durant tout l’été. Une place plus grande sera laissé pour le chamois. Pour le lynx le problème est différent et je serai très intéressé d’avoir des détails sur les désastres écologiques qu’il a provoqué. Chez nous (district de Moutier, zone 2 du canton de Berne) nous avons une forte population de lynx certainement égal au canton de SO où on a calculé que certaines chasses affermées étaient visités par huit lynx. Malgré cela la population de chamois est plutôt en augmentation et le chevreuil diminue que légèrement. Mais la visibilité du gibier est très réduit ce qui est une grande perte pour l’attractivité touristique de la région et je crains pour l’avenir des dernières colonies de grands tétras qui partagent le mêmes biotopes que le lynx. Le déclin de la chasse n’a pas attendu les grands prédateurs, la baisse du prix des peaux de renard et le désintérêts des chasseurs pour la gestion des petits prédateurs (renards, chats, becs droits, les goélands). Plusieurs études montrent que le renards tuent plus de chevreuils que le lynx. De plus en plus de « verts » remarquent que la politique du « que le biotope » va droit dans le mur et que la gestion de la faune n’est pas seulement nécessaire pour les forestiers et les agriculteur (NZZ ein Fall für den Jäger, Le Matin 16/03/09 Le roi des Prédateurs). Si nous voulons être pris au sérieux, modérons notre frustration et utilisons l’année de la biodiversité pour faire connaitre la chasse comme un outil indispensable pour entretenir cette biodiversité. N’oublions pas que la nature ne se gère que par excès. L’espèce dominant fait disparaître l’espèce plus fragile. L’exemple de Genève illustre très bien ce thème et j’aimerais trouver encore quelques renseignements sur ce pénible et couteux exercice qu’est la gestion de la faune sans la chasse (peut-être un lecteur de ce mail pourra me donner les informations à ce sujet) Je regrette que l’émission de télé sur la réintroduction de la chasse à Genève n’ait pas reçu de réponse de chasseurs pour y corriger les nombreuses fautes ou imprécisions.
Je pense que qu’il faille avant tout réagir aux multiples bêtises que l’on trouve dans la presse sur la nature et la chasse. Je regrette aussi que Chasse Suisse engage autant d’énergie dans le débat des grands prédateurs. Si nous sommes acceptés comme « outil » pour la biodiversité, beaucoup de portes s’ouvriront dont la gestion des grands prédateurs. Encore faut-il que nous apprenions à nous intéresser aussi à ce qui ne se mange pas. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de me lire jusqu’ici. Je suis toujours très intéressé par tout articles plus ou moins scientifique qui puisse renforcer notre cause. En espérant avoir quelques réactions, peut-être pas toutes négatives. Avec mes meilleures salutations. Philippe Konrad Président de la Société des Chasseurs du district de Moutier
Nous reproduisons ici l’intégralité de la double page du Nouvelliste du jour consacrée au Loup en Valais
Sujet réalisé par notre confrère Pascal Fauchère, journaliste
Problème du loup en Valais
Peter Scheibler et Raphaël Arlettaz croisent le fer
Le retour du loup divise. D’un côté, les éleveurs voient le loup comme le saboteur d’une profession déjà mise à mal par l’économie et les chasseurs craignent pour le cheptel sauvage. De l’autre, le WWF ou Pro Natura soutiennent avec passion le loup et traitent le Concept Loup Suisse de farce.
Raphaël Arlettaz, biologiste, et Peter Scheibler, chef du service valaisan de la faune
Politiquement, le Conseil fédéral, soumis à la Convention de Berne qui protège strictement le grand prédateur, a accepté en novembre dernier deux motions parlementaires demandant un assouplissement de la gestion du loup et davantage de compétences aux cantons. Sur demande du Grand Conseil en décembre, le gouvernement valaisan a mandaté un groupe de travail chargé d’étudier l’impact du retour du loup. Objectif: des faits pour dépassionner le débat après un été agité. Le point sur ce dossier complexe avec deux connaisseurs de la faune: Peter Scheibler, chef du service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune et Raphaël Arlettaz, directeur de l’Institut d’écologie et d’évolution à l’Université de Berne. Interviews croisées pour une première médiatique.
Depuis l’an 2000, sur dix autorisations de tir délivrées, huit proviennent du Valais et six prédateurs ont été abattus dont cinq en Valais. C’est le Far West?
Peter Scheibler (PS): Ces tirs ont été chaque fois effectués lors de dégâts importants et s’appuyaient sur des bases légales et sur le concept. La législation n’a jamais été transgressée.
Raphaël Arlettaz (RA): Ces tirs de régulation contre lesquels je n’ai rien ne sont qu’un épiphénomène. On ne sait pas combien de loups abrite le Valais. Deux choses sont sûres: primo, on détecte surtout les loups qui mangent des moutons. La preuve: c’est comme si le loup disparaissait du territoire en hiver lorsque les moutons sont à la bergerie. Secundo, la probabilité de détection d’un individu est d’environ 30% selon une étude du CNRS de Montpellier publiée en 2009. Ce qui signifie que pour trois loups détectés, 10 sont présents.
Passer le statut du loup d’animal «strictement protégé» à «protégé»: un risque de systématisation des tirs ou une opportunité de le faire mieux accepter à la population?
PS: Les onze pays qui ont émis une réserve sur la Convention de Berne avaient des loups et savaient que sans la chasse de ce prédateur, la cohabitation était impossible. Au moment d’adhérer à cette convention, la Suisse n’avait plus l’expérience des grands prédateurs. Elle n’a pas émis une réserve qui lui donnerait aujourd’hui une réelle marge de manœuvre car cette convention est trop rigide et ne tient pas compte de l’évolution des circonstances. Alors que le loup n’est actuellement plus menacé de disparition, on maintient son strict statut de protection. La majorité de la population valaisanne n’est à juste titre pas favorable à la présence du loup.
RA: On n’a jamais voté sur la question. Et sur le plan suisse, l’opinion est plutôt favorable en raison du poids des villes.
PS: Ce consentement majoritaire s’explique: les citadins sont inconscients des conséquences induites par le loup et mal informés sur les coûts qu’il engendre, ils voient les choses de loin et les idéalisent. On a laissé vivre les loups qui ne posaient pas de problèmes de cohabitation, Mais sans régulation on ne parviendra pas à un minimum de tolérance envers ces prédateurs. RA: Croire que l’on règlera le problème du loup en Valais à coup de fusil est un voeu pieux. Toute autorité qui le laisserait croire à la population peut être qualifiée d’irresponsable. Il y a le prix des opérations de régulation par les gardes que le groupe de travail devra comparer aux investissements pour la protection des troupeaux, dans le cadre d’une analyse coûts-bénéfices. Le statut légal du loup est pour moi un aspect assez secondaire. Ce n’est pas parce qu’on le déclasse que l’on a moins de difficultés d’éliminer les individus à problèmes.
Le Valais connaît-il un phénomène de braconnage tel que dénoncé en France par des associations de protection du loup?
PS: Ce n’est pas du tout le cas. Mais si l’on conserve le statut de protection absolue à un animal non menacé d’extinction, on favorise l’émergence du braconnage. C’est précisément en déclarant le loup «chassable» que l’on pourra garantir la présence d’individus isolés et le maintien des déprédations à un niveau acceptable.
RA: OK pour une régulation du loup effectuée par le service, sinon les chasseurs. Mais on ne peut pas réaliser un plan de tir lorsque l’on ne connaît pas les effectifs. Quant au braconnage, je pense que son impact reste anecdotique. De toute façon, mieux vaut une gestion transparente qu’une cristallisation causée par les autorités, comme ce fut le cas jusqu’à récemment. Et c’est à l’échelle des Alpes que nous devons penser régulation.
PS: Je suis d’accord avec une gestion panalpine. Malheureusement, certains milieux de protection de la nature veulent une population viable de loups sur notre territoire. En Suisse ceci me semble illusoire. Déjà la densité de l’urbanisation fait que les conflits générés par des meutes seront énormes. Et il ne faut pas rêver. Les pays qui nous entourent – Italie, France, Allemagne – n’ont aucune volonté de changer la stricte protection du prédateur. Ceci signifie clairement que leurs populations de loups continueront de croître et que, faute de régulation, notre canton serait contraint d’abriter contre son gré de plus en plus de prédateurs.
RA: Les faits montrent que nous allons devoir apprendre à vivre avec le loup. Il faudrait donc une politique intégrée qui vise la protection efficace des troupeaux et l’élimination des individus qui commettent des dégâts en chaîne. Le monitoring actuel se réduit à cataloguer les déprédations du loup sur les animaux de rente. C’est insuffisant. Seule une connaissance scientifique fine du loup peut déboucher sur une gestion qui soit réellement capable d’anticiper les problèmes générés par ces animaux.
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Que fera le loup du gibier valaisan ?
Selon un rapport établi à la demande du Conseil d’Etat valaisan et publié en 2003, l’effectif des ongulés – cerfs, chamois et chevreuils – permettrait théoriquement la survie d’une quarantaine de loups en Valais sans que les modalités et le tableau de chasse ne soient globalement altérés. Toujours d’actualité?
Raphaël Arlettaz: Absolument. Le cerf est et restera la proie préférée du loup. Or, ses effectifs sont en progression constante, ce qui ne va pas sans poser des problèmes croissants à l’agriculture. Chasseurs et loups peuvent tout à fait partager cette ressource. Une étude espagnole vient de montrer que les loups éliminent les individus les plus chétifs, sélectionnant donc les cerfs les plus vigoureux, soit les porteurs des plus beaux trophées. La coexistence de la chasse et du loup est donc possible, mais seule la première peut choisir.
Peter Scheibler: Les chiffres de 2003 ne sont plus d’actualité et les comptages démontrent que la progression des effectifs n’est pas constante. Par contre la philosophie du rapport, qui pérennise une chasse équilibrée et laisse aux prédateurs un rôle subsidiaire, doit impérativement être maintenue.
R.A.: Les loups ont laissé des traces en Valais principalement là où il y avait des cerfs qui sont la proie la plus rentable pour eux. Or, depuis le retour du loup, le tableau de la chasse au cerf a globalement augmenté, et ceci malgré la présence grandissante du loup.
P.S.: Une chose est sûre. Ce n’est pas le loup qui a constitué ce cheptel de gibier mais les chasseurs et une gestion pertinente de la chasse. Mon souci est que la législation en vigueur ne nous donne aucune garantie de pouvoir agir en cas de déséquilibre justifiant une régulation. Si une meute apparaît un jour et que le comportement du loup n’est pas celui que certains milieux veulent nous faire croire, nous n’aurons pas les moyens d’intervenir.
R.A.: C’est vrai qu’on peut imaginer localement de grosses prédations sur le cheptel mais il faut voir les choses sur un plan global. Les chasseurs se sont adaptés et sont mobiles face au gibier. Si on connaît mieux l’espèce loup, on pourra la réguler. La connaissance est la base de tout. On devrait expliquer aux chasseurs le principe de la mortalité compensatoire au lieu de leur enseigner que la perdrix grise, disparue du Valais il y a trente ans, pond jusqu’20 œufs qu’elle incube durant 30 jours…
P.S.: Je ne suis pas d’accord avec cette philosophie. Je souhaite pouvoir garantir le maintien de toutes les espèces dans toutes les vallées latérales. C’est une question d’équilibre, y compris pour la nature. Et, qu’on le veuille ou non, il est plus simple de dire au chasseur ce qu’il est autorisé à prélever que d’ordonner aux loups de boulotter du cerf plutôt que des chevreuils ou des chamois.
Raphaël Arlettaz
«La réalité vécue partout où le loup retrouve ses anciens bastions montre des similitudes déconcertantes. Une spécificité assez locale demeure toutefois l’existence de très petits troupeaux dans le Haut-Valais. Cette structure pourrait s’avérer extrêmement problématique pour une mise en oeuvre efficace de mesures de protection. Le regroupement des troupeaux et le gardiennage semblent la seule option possible. Et je pense que l’on pourrait donner des fusils aux bergers pour régler localement des problèmes aigus. Reste que l’éleveur est aujourd’hui dans la tourmente en raison de la globalisation. Le loup n’est qu’un des nombreux éléments qui perturbent le système. Réalisons dès lors l’étude de la perception du loup par les touristes. Le loup, élément emblématique de la faune sauvage, représente-t-il un intérêt patrimonial pour les visiteurs du Valais? Nous faisons partie d’un ensemble dont nous dépendons: le tiers des revenus valaisans provient du secteur touristique… Si nos citadins souhaitent avoir des loups dans les Alpes, nous devons l’accepter mais leur dire que ça induit un coût supplémentaire pour la gestion des troupeaux, que ça stresse nos éleveurs à qui nous devons donner les moyens de faire leur travail décemment. Si quelqu’un veut quelque chose, on lui demande de passer à la caisse…
Peter Scheibler
«J’estime que les touristes préfèrent pouvoir observer du gibier que de savoir qu’un loup qu’ils ne verront certainement jamais est présent. Mais j’aimerais avoir du factuel sur cet aspect via une étude. Le problème est que l’on n’a jamais dit à la population suisse ce que pourrait coûter la présence du loup. Si l’on met des chiffres sur la table, en particulier ceux concernant la protection de tous les alpages suisses, je ne suis pas convaincu que le citoyen-contribuable helvétique soit encore favorable à la présence du grand prédateur. Lorsque l’on sait que pour le seul canton du Valais le coût de cette protection a été estimé à 23 millions de francs par année dont 14 millions pour les alpages bovins, protéger l’ensemble des alpages du pays sera illusoire. De surcroît on n’a pas encore mesuré, en termes social et paysager, le coût global d’un éventuel abandon du pastoralisme. Et compte tenu du fait que certains éleveurs ne peuvent économiquement pas se payer un berger, la dernière solution émanant de la Confédération consiste à intégrer des chiens de protection au sein de troupeaux sans berger. Envisager de laisser sans surveillance sur nos alpages ces chiens souvent agressifs relève de l’inacceptable et constitue une atteinte manifeste à la sécurité publique.» ———
Commentaire
Compter et tirer Pascal Fauchère
Pascal Fauchère
Le loup est là. Et plutôt dix fois qu’une. S’il a une place écologique dans les Alpes, Canis lupus est-il pour autant souhaitable économiquement et socialement en Suisse? La population devra bien y répondre même si les leviers de pouvoir ne sont pas tous helvétiques. Pour se prononcer, il faut s’en donner les moyens. Chargé par le Canton d’étudier l’impact du retour du loup, le groupe de travail ad hoc doit faire un point objectif de la situation. Comme analyser l’efficacité des mesures de prévention des troupeaux, étudier le coût d’une déprise agricole via l’abandon du pastoralisme alpestre, en chiffrer les investissements et subventions, réaliser une enquête socio-économique afin de déterminer la valeur potentielle du loup dans le paysage touristique, se pencher sur un programme de monitoring alpin qui permette de mieux connaître et de réguler l’animal. Un immense travail en collaboration avec la Confédération et d’autres cantons pour un seul objectif: le long terme. Chacun doit savoir à quelle sauce il sera mangé. A commencer par les éleveurs et les chasseurs. Le loup se globalise? Globalisons son coût que l’on doit encore chiffrer. Seulement, l’urgence se fait sentir. Les indices de présence de meutes en Valais semblent se confirmer. Qu’il soit revenu naturellement ou qu’il ait bénéficié ponctuellement d’un coup de pouce – ce qui est probable – le loup constitue un problème politique qui doit trouver une réponse démocratique. Avant la constitution des meutes. Sinon le Valais, isolé, tirera à vue. En vain.
Le magazine Agrihebdo communique:
DES ATTAQUES DE LOUP PLUS NOMBREUSES DANS L’ARC ALPIN Près d’un millier d’attaques de loup ont été en- registrées dans l’Arc alpin (992 en 2009 contre 810 l’année précédente), soit une hausse de 22%. On recense plus de 3000 brebis tuées. Les Alpes-Ma- ritimes, comme les années précédentes, paient le plus lourd tribut. Le Var a été particulièrement touché avec une multiplication des attaques cet hiver. Le coût des indemnisations s’est élevé à 900 000 euros en 2009. Bien implantée et en progression, la population de loups a tendance à s’étendre à d’autres massifs montagneux, notamment dans les départements du Jura, des Pyrénées-Orientales et, plus récemment, dans le Cantal, qui sont devenus des zones de présence permanente de cette espèce. Le nombre de loups sur le territoire français est estimé dans une fourchette de 150 à 200 individus. La prochaine réunion du groupe national loup, en mars, devrait préparer le protocole d’intervention sur la population des loups pour 2010 (autorisation de tirs de défense et de tirs de prélèvement). sp
Le 2 février est, en Amérique, le jour de la marmotte. Ce jour-là, la célèbre marmotte Phil, de Punxsutawney en Pennsylvanie, prédit malgré elle la durée de l’hiver, en voyant ou non som ombre en sortant de son terrier.
Les prévisions météo de Phil sont sûres à 90%! Météo Suisse peut aller se rhabiller...
Plusieurs autres marmottes, moins célèbres, font également l’objet d’une attention particulière en ce 2 février. C’est le cas notamment de Wiarton Willy, en Ontario, une marmotte canadienne qui a aussi vu son ombre ce matin. Selon la tradition, une marmotte qui émerge de son terrier aujourd’hui et qui ne voit pas son ombre signifie que l’hiver se terminera bientôt. Par contre, si elle émerge de son trou et voit son ombre, l’hiver continuera encore pour six semaines. La légende date du XVIIIe siècle aux États-Unis et prend racine dans des traditions améridiennes et européennes, apportées ici par les colons. Selon l’Encyclopédie canadienne Historica, les organisateurs de journées de la marmotte évaluent le succès des prédictions de leurs protégés entre 75 et 90 %. Par contre, une étude des données météorologiques réalisée au Canada sur une trentaine d’années, dans 13 villes du pays, révèle plutôt un taux de succès se situant aux alentours de 35 %.
Au dernières nouvelles, la TSR s’intéresse aux prévisions météo des 2 marmottes de la Tsarvaz. Histoire de se refaire une crédibilité après les brillants sondages prédisant l’échec de l’initiative anti-minarets!
Propriétaires de leurs terres, les éleveurs menacent de bloquer les touristes pour ne pas risquer des attaques de chiens de protection de troupeaux
Je répercute ici un message reçu ce matin.
Bonjour Monsieur Bonnard Eleveur de chèvres à Vesc dans la Drôme je m’intéresse depuis le mois de novembre très fortement au loup et aux problèmes qu’il pose. J’ai lu avec beaucoup d’attention les articles sur votre site et les trouve pertinent set intéressants. Je me permets de vous faire part et confirmer que le loup est très mal venu pour la population bergère de France et que nous sommes comme vous bien désarmé face à un lobby puissant et qui de plus a le temps de s’en occuper tandis que nous passons tout le notre à tenter de protéger nos troupeaux. Depuis le mois de novembre de nombreux collègues ont subi des attaques de loup sur leurs troupeaux et nous avons cherché comment réagir, de façon légale, à ce nouveau problème.
Malgré son apparence, il présente un danger pour le promeneur
Nous en somme arrivés à la solution suivante qui peut sans doute être reprise un peu partout; nous sommes propriétaire de nos terres et à ce titre nous sommes responsable des atteintes que pourraient causer nos chiens de protection aux personnes traversant nos propriétés donc si les pouvoirs publics refusent de prendre leurs responsabilités nous prendrons les notres et fermeront les chemins et sentiers au tourisme. Je me permet d vous transmettre la lettre pétition que nous remettrons à notre préfet ce lundi 1 février 2010 à Vesc. Merci pour vos articles et ainsi votre soutien moral. Recevez mes meilleures salutations Florent Simond
Le premier commentaire de ce billet reprend la lettre au Préfet
Pour comprendre l’exaspération des éleveurs de la Drôme, voir ici
Evénement exceptionnel, depuis la mi-janvier, deux marmottes sortent régulièrement de leur trou sur les pistes de Grimentz, au lieu dit La Tsrarvaz (2600m.).
Le garde chasse du val d’Anniviers, Joël Florey, nous a remis quelques photos des marmottes insomniaques.
Etonnante apparition surs les pistes de ski de Grimentz (le 19 janvier 2010)
Habituellement, la marmotte hiberne d’octobre à avril dans un terrier d’hiver, situé en contrebas de ses quartiers d’été. Son terrier comporte une chambre à fiente et une chambre principale (pouvant atteindre un m3) tapissée de foin. Son hibernation est interrompue les premiers mois pour lui permettre d’aller satisfaire ses besoins dans la chambre à fiente. Mais elle ne sort généralement pas de son terrier.
Pas l'air endormie du tout...
Difficile d’expliquer le comportement étrange de ces deux sciuridés (famille qui comprend aussi les écureuils). Le garde avance une hypothèse: “Il se peut qu’elles aient été expulsées du trou d’hiver par leurs congénères et qu’elles se soient rabattues sur un autre trou moins bien protégé des températures extérieures. Ce qui expliquerait qu’elles aient choisi de creuser une galerie dans la neige pour mettre le nez à le fenêtre”.
Le Duo au soleil en plein hiver: Proies faciles pour l'aigle et le renard...
Malhureusement, leurs chances de passer l’hiver semblent bien compromises, en sortant, elles puisent rapidement dans des réserves de graisse suffisantes pour passer un hiver au chaud, sans balades inutiles.
Sans compter que ces taches sombres sur la neige devraient attirer rapidement l’attention d’un aigle ou du renard, toujours à la recherche de nourriture.
Photos Joël Florey Vissoie et RM de Grimentz
Pour en savoir plus sur la marmotte
N’en déplaise aux nostalgiques d’un paradis terrestre malheureusement inexistant sur cette terre, il faut bien constater que le loup a gagné dans le public (citadin surtout) une image d’agneau. Ceux qui sont confrontés avec la réalité du terrain savent bien eux que ce prédateur fait des dégâts importants dans les troupeaux et fait fondre à la vitesse grand V les populations de cerfs, chevreuils et chamois qu’une gestion intelligente a permis de constituer en Valais notamment.
Cette image rassurante d’un loup participant à un équilibre naturel de la faune et respectueux des troupeaux de moutons s’ils sont bien gardés repose sur le silence pudique des médias qui réchignent à montrer – photos à l’appui – la vraie nature du loup. La publication de photos simplement réalistes déclenche à coup sûr une avalanche de protestations souvent orchestrées. Quand à ceux qui osent encore s’élever contre la déification du prédateur, ils sont aussiot cloués au pilori par des pseudo défenseurs du loup qui ont trouvé avec le carnassier un filon juteux.
Pourtant, en Suisse, où l’élevage joue un rôle important dans l’entretien des espaces montagneux, dans la protection contre les avalanches et les incendies, les voix sont de plus en plus nombreuses pour demander que la réalité des coûts des Plans Loup soient affichée et que les carnages opérés par le loup dans les troupeaux soient clairement décrits et illustrés.
la réalité que l'on ne veut plus voir
Stratégiquement, éleveurs et chasseurs (qui ont largement contribué à la richesse et à la diversité actuelle de la faune indigène) ont tout intérêt à coordonner leurs actions pour se faire entendre sous la coupole fédérale. Il est temps que l’on quitte la planète utopie et qu’on mette sur la table les coûts réels des Plans Loup et que l’on entende les éleveurs.
Le vent commence à tourner. Il était temps…
A titre d’exemple, ce papier publié ce jour dans le Nouvelliste
Au Loup!
25 janvier 2010 – JEAN-YVES GABBUD Les éleveurs de moutons sont en train de changer leur fusil d’épaule dans leur lutte contre le retour du loup. Ils ont compris que leurs problèmes personnels n’intéressent, en réalité, personne ou presque. Ils doivent donc adapter leur discours à leurs véritables interlocuteurs: les citadins.
Les moutonniers doivent démontrer que le carnassier est un tueur qui massacre ses proies avec sauvagerie, en mangeant des parts entières de moutons encore vivants… pour toucher la sensibilité des protecteurs des animaux.
Ils doivent apporter des arguments financiers et dire aux contribuables que chaque loup qui vient ou qui est amené en Suisse coûte plus d’un million de francs à la collectivité.
Ils doivent prouver que les mesures de protection ne sont pas infaillibles, dire que les chiens apportent plus de nuisances, notamment aux promeneurs, qu’ils n’apportent de solutions.
Les éleveurs doivent aussi sensibiliser les habitants de la plaine au fait que leurs moutons sont indispensables au maintien de la beauté du paysage alpestre.
Comme le loup n’est plus seulement valaisan mais qu’il arpente les terres d’une dizaine de cantons, le message de sensibilisation commence à avoir des chances d’être entendu. L’étude que lance actuellement le canton du Valais, à la demande du Parlement, pour évaluer l’impact du prédateur est un pas dans la bonne direction.
Courtoisie de notre confrère Charly Arbellay (NF du 20 janvier 2010)
VERCORIN > Pris dans les filets, un cerf agonise et doit être abattu
Les chasseurs de la Diana de Sierre sont fâchés. Après avoir nettoyé l’an dernier les prairies de tous les fils de fer barbelé qui ont causé la mort de nombreux cerfs, voilà que la scène se répète mais cette fois avec des filets de nylon. «C’est bien un triste spectacle qui attendait Clément Burgener, garde faune de la région sierroise», relate Guy Bruttin, président du comité de la Diana de Sierre et environs. «Alerté par un groupe de randonneurs, le garde-chasse s’est rendu sur les hauteurs de Vercorin pour découvrir un cerf coiffé de huit cors, pris au piège de filets d’un parc à moutons. S’étant débattu pendant des heures, le cervidé était dans un tel état de détresse que le garde professionnel n’a eu d’autres alternatives que de l’abattre».
Le cerf pris dans les filets, juste avant d'être abattu
Ce fait divers est d’autant plus regrettable que la loi cantonale, par son règlement d’exécution du 12 décembre 1991, exige que ces clôtures soient enlevées ou couchées au sol dès la fin des pâtures (voir encadré). «La faune vit des heures difficiles pendant l’hiver pour trouver une nourriture bien maigre. De plus, elle doit faire face aux pièges qu’imposent inconsciemment les hommes», relève le président de la Diana qui poursuit: «Le ski hors-piste et les chiens non tenus en laisse sont la cause de stress supplémentaire qui peut conduire le gibier à sa perte. Je souhaite que ce message et la photo qui l’accompagne touchent toutes les personnes concernées». L’an dernier, une soixantaine de candidats chasseurs de la région sierroise avaient œuvré à l’enlèvement des fils de fer barbelé abandonnés dans la nature dans la région de Vercorin. Ils avaient récupéré et détruit plus d’une tonne de ces fils dangereux pour la faune.
L’an dernier, les candidats chasseurs avaient récupéré une tonne de fils de fer barbelé abandonnés. diana sierre
encadré
Que dit la loi ?
La loi valaisanne sur la chasse (922.100 – chapitre 5, Art.57,1) dans ses dispositions diverses, précise les types de clôtures compatibles avec les animaux sauvages: «La pose de fil de fer barbelé n’est autorisée que durant la période effective de pâture du bétail dans le lieu considéré. Dès la fin de la pâture, ce fil doit être soit retiré soit posé sur le sol. Le service de la chasse est compétent pour interdire ou faire enlever d’autres types de clôture dangereux pour la faune sauvage».